deuil-parental-deuil-animalier-fin-de-vie-Paris-Arcachon

#12 Le deuil…ou l’amour qui continue

Aujourd’hui cela fait précisément 4 ans que mon père a rendu son dernier souffle. On est mercredi, il n’y avait pas meilleure occasion pour te relancer, cher journal, toi que j’avais laissé reposer, je sais que tu avais besoin de vacances ! 😎

Je ne vais pas te re re re raconter sa fin de vie, j’en ai déjà fait des pages ! (cf un livre incroyable)

Alors voyons où la plume va me mener…

Le deuil continue. Ce deuil-là est encore différent des précédents. C’est sans doute pour cela que l’on a du mal à entendre des phrases du type « ah oui je connais », « ah c’est comme mon amie elle a ressenti ça » ou « ça va aller ». Parce que chaque deuil est particulier. Chaque deuil dépend de la relation, du contexte, d’un éventuel « aurevoir », d’une maladie ou d’un accident, du déroulé des obsèques, des relations en famille, de ce et ceux qui restent.

Et d’ailleurs en parlant de deuil unique, c’est la mort de ma chienne qui a déclenché le deuil bloqué de ma mère. Ce qui a évidemment été décortiqué chez la psy pour mieux le comprendre. Peut-on assurément penser plus léger le deuil animalier que les autres ? Nos quatre pattes représentent beaucoup plus que ce que la société en pense, et leur deuil est très complexe.

Le deuil est personnel et intime. Et plus que tout, la peine est toujours légitime.

Le deuil n’a pas toujours de fin. Et parfois il vient dessiner une nouvelle facette de nous. Le deuil peut nous faire changer, s’immiscer dans des recoins cachés de notre tête et apparaître à des moments complètement inopportuns.

Le deuil de mon papa m’est plus accessible que d’autres. Peut-être parce que j’ai eu la chance de l’accompagner, que j’avais des bases et des ressources solides, ou parce que notre relation était apaisée, je ne saurai jamais vraiment pourquoi. La colère a été peu présente. J’accueille la tristesse quand elle se présente. Et enfin, ma spiritualité est une ressource qui m’aide pour voir des signes, une continuité du lien. Mais cela m’appartient.

Aujourd’hui ça fait quatre ans, et le manque est parfois encore là. Mais j’ai moins le réflexe de vouloir l’appeler, raconter ma vie, reflexe qui a duré plusieurs années. En quatre ans la vie a fait irruption, de nouveaux choix ont été fait, j’ai changé. En partie grâce à mon père et sa fin de vie.

J’ai notamment transformé ces mois douloureux en un métier que j’ai envie de développer et qui me passionne (mais ça tu le sais déjà 😇).

Et surtout je vais dire quelque chose d’excessivement tabou : le vide initial de ne plus avoir de parents en vie donne aussi un élan de liberté d’être. Il était encore le seul qui aurait pu me faire de la peine en n’approuvant pas un choix. Aujourd’hui, il n’y a plus que moi, et ça me permet de m’écouter sans doute un peu plus.

Cher journal, si tu peux lui passer un message, dis-lui qu’il vit toujours en moi. J’allumerai une bougie aujourd’hui et je me rappellerai nos voyages, nos disputes et nos mains serrées. Dis-lui merci pour notre lien, pour les chocolats à Pâques et le muguet du 1er mai, sa frustration en cas de refus de ma part d’un verre de vin ou d’une cuisse de poulet, et les silences partagés. N’oublie pas de lui dire que je l’aime, et qu’il a intérêt à suivre mes aventures pour encore un paquet d’années. Sans râler ! (on y croit…). Et enfin qu’il embrasse maman pour moi, même si je lui parle suffisamment pour qu’elle le sache déjà.

A la semaine prochaine cher journal, merci à toi d’être là 😘

Lettre n°12

Publications similaires