#2 La jungle parisienne : les 1001 acteurs de la fin de vie

Cher journal,

Je suis sur Paris depuis 6 mois. Et c’est en l’écrivant que je prends un petit coup derrière la tête !

Alors ne t’inquiète pas, j’avais de bonnes raisons (enfin surtout une) : je suis tombée amoureuse d’un parisien. Et j’en ai profité pour me dire : « ça tombe bien, Paris c’est le centre de l’univers (à ce qui paraît), je vais forcément avoir plus d’opportunités qu’en restant chez moi, dans ce Ô combien triste paysage qu’est le Bassin d’Arcachon ! » (ironie).

Me voilà donc arrivée dans la pluie parisienne, plutôt motivée, prête à finir ma formation et à en découdre avec la prospection.

Une amie psy en oncologie, qui ne vient pas de Paris non plus, m’a dit hier : « le problème c’est que Paris c’est vite la jungle ». Après 6 mois d’envoi de mails et de rencontres, je confirme !

Sans doute y a-t-il plus d’opportunités, mais la multitude de possibilités ne rend pas la tâche plus facile. Par où prospecter ? Les hôpitaux ? Les EHPAD ? Les unités mobiles palliatives ? Les associations de malades ? Les maisons des aidants ? Les assos des aidants ? Les évènements (formations / conférences) dédiées à ces thématiques ? Les professionnels de santé directement ? Les SSIAD ? Les réseaux sociaux, lesquels ?

Partant du principe que chaque catégorie regroupe des dizaines et des dizaines de lieux ou personnes, la liste est infinie. Et surtout : là où j’aurais changé sans doute plus tôt mon fusil d’épaule en prospectant dans une ville moins grande en voyant que ça ne fonctionnait pas, ici je persiste car il reste toujours des structures ou des contacts non essayés.

Donc sache, cher journal, de toi à moi, que j’abandonne (pour le moment) les structures de santé. Car la formation est certifiante mais pas encore diplômante, et qu’ici la marge de manœuvre est assez faible quand on ne rentre pas dans une case prédéfinie. Je suis évidemment déçue mais je dois garder l’énergie pour les lieux qui sont curieux et intéressés.

J’ai eu besoin de deux conseils pour finir par l’accepter :

1/ Le super Dr Claude Grange (qui connaissait déjà le métier de Doula !), Médecin Chef de soins palliatifs à la retraite, qui m’a orientée vers des assos car « assez peu de praticiens accepteront de se battre pour intégrer un nouveau métier en structure hospitalière ».

2/ Mon amie M. (psy en oncologie) qui a essuyé les plâtres pour moi auprès d’un centre de soins à domicile (que je ne nommerai pas pour éviter à la foule en délire de se révolter) qui n’a pas souhaité me rencontrer car, « on ne comprend pas ce qu’elle fait ». Sans se rencontrer, effectivement, difficile de comprendre…!

Et moi je me bats mais je ne me débats pas non plus : expliquer, pratiquer bénévolement pour montrer l’intérêt, m’adapter aux besoins OUI. Me justifier, me défendre, et ne pas me sentir à ma place…NON.

Alors cher journal, allons privilégier d’autres pistes, plus accueillantes, qui feront évoluer les autres ! Car oui, le métier étant intégré dans les systèmes de santé aux Etats-Unis, au Canada, en Suisse, je n’ai pas de doute qu’il le sera aussi ici.

En revanche, moi qui envisageais déjà de faire un DU en soins palliatifs l’année prochaine, je crois que je vais m’y intéresser de plus près car c’est peut-être le seul moyen de gagner des points de ce côté-là !

A suivre…

Lettre #2

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