#1 La fierté d’accompagner la fin de vie
Cher journal,
Il y a un an presque tout pile, je commençais la formation de Doula de fin de vie & Deuils. C’est un titre un peu long, sache que « Thanadoula » ça fait l’affaire.
On est toutes (les filles de la formation) un peu partagées sur le nom à communiquer car on veut à la fois faire hommage à notre métier, sans pour autant effrayer. Et bon, puisqu’on ne vend pas des petits pains (j’ai hésité entre chocolatines et pains au chocolat, mais comme mon père disait « petits pains » : autant botter en touche), a priori il y aura souvent un léger mouvement de recul quand on dira « j’accompagne la fin de vie ».
Mais comment imaginer qu’on ait envie de faire ça ??! (Je parle en ton nom cher journal car moi je n’ai aucun problème avec ça.)
C’est effectivement la réaction classique. Sauf pour : tous les aidants qui sont déjà passés par là. Et qui n’auraient pas été contre un petit coup de main.
Nous les doulas, de notre formation du moins, nous sommes passées par là. Et, surprennamment (j’utilise tellement JAMAIS ce mot que j’ai dû aller voir comment il s’écrivait), nous avons eu l’impression d’être à notre place.
C’est comme cela qu’en écrivant mon témoignage « La mort n’est qu’un passage », j’ai pris conscience à quel point il avait été naturel d’accompagner mon père. Je ne résistais pas face à l’évolution, je lui tenais la main. C’était inéluctable et je l’avais accepté.
Pourtant, ça n’a pas toujours été fluide. Et en en parlant autour de moi j’ai su que c’était régulièrement le cas : des souhaits non entendus, des conflits qui entraînent de la résistance, un tabou sur la mort qui arrive, des proches épuisés… et là, en moi, se déclenche une révolte que cela se passe ainsi. Car, oh, scoop : personne ne va y échapper. (C’est le moment où ma nièce ajouterait « dinguerie ! »)
Alors pourquoi autant s’en détourner ? Pourquoi ne pas proposer une multitude de prises en charge adaptables ? La paix, à ce moment de vie, est primordiale. Comment l’encourager ?
Cher journal sache donc que je suis Doula de fin de vie & Deuils, ou Thanadoula, que j’accompagne la fin de vie et j’accompagne les proches aidants, et je suis hyper fière de l’être et de le faire.
En plus, si tu as encore un doute sur ma joie, sache que ma formatrice, Marie-Christine Laville, dit quelque chose de très joli : « Accompagner la fin de vie c’est permettre de se sentir vivant jusqu’à la fin. C’est accompagner la vie. ».
Se sentir exister jusqu’au bout, c’est plutôt chouette, tu ne crois pas ?

Lettre #1

