#3 Thanadoula VS Entrepreneuriat
Cher journal,
C’est fou comme je suis entêtée. C’en est presque agaçant.
Je SAIS que j’ai dit que j’arrêtais de prospecter côté structures médicales mais il y a deux semaines j’ai trouvé deux super profils de médecins palliatifs sur LinkedIn avec des super posts inspirants, humanistes et compagnie. DONC, je n’ai pas pu m’empêcher. Ils ne sont pas sur Paris mais j’avais envie d’avoir leur retour, leurs conseils, bref, sur le papier je trouvais ça top.
Scoop ou pas, ils ne m’ont pas répondu. J’en tire deux leçons : de un, il faut VRAIMENT que j’arrête d’aller par-là, de deux, je deviens incroyablement balèze dans la gestion du ghosting. Ils m’ont « lâché un vu » comme dirait…ma nièce, toujours !
Tu ne le sais peut-être pas mais, avant d’être Doula, ma première casquette est l’entrepreneuriat. Ehhhh bien je vais te dire : heureusement ! Prospecter c’est comme un mini projet au sein du projet : tu as une idée de l’endroit où aller, un chemin que tu envisages pour y arriver, un discours que tu travailles pour convaincre, une posture que tu adaptes pour chaque interlocuteur que tu vas tenter d’aller chercher. Et puisqu’a priori les gens ne t’attendent pas, une partie des sollicités ne s’y attardera pas. Sans oublier que tout ça n’est absolument pas ton cœur de métier. (On serait sinon devenues commerciales ça aurait été plus simple...)
Donc tu enchaînes mini échec sur mini échec. Et puis, un jour, des personnes te redonnent espoir.
« Ah oui je connais déjà ! » > Ok donc je ne suis pas folle.
« Oh mais j’en aurais tellement eu besoin… » > Merci ! ça m’encourage à continuer.
« Avec plaisir pour un rdv ! » > L’aboutissement.
Car au début, tu penses que l’aboutissement sera la conclusion d’un contrat (puis 2, puis 3). Uniquement. Et puis le temps passe…et l’humilité s’impose. Car si l’objectif ne devient pas plus atteignable et bien, tu n’as plus envie d’y aller.
Heureusement il y a une chose qui ne me quitte pas : je sais pourquoi je fais ça. Je connais le besoin, j’ai rencontré la solitude de l’aidant.e, et celle de la personne en fin de vie. Je veux reconstruire le village qui, avant, entourait la personne en difficulté. Je suis parfaitement alignée avec le fait de continuer à me prendre des murs tant que c’est pour aller chercher plus d’humanité.
Désormais, l’aboutissement c’est le temps d’échange. L’écoute. La curiosité en face. Les cartes de visite distribuées. Aujourd’hui, l’aboutissement de la prospection se mesure au nombre de graines semées. Certaines commencent à pousser. A moi de continuer ma route en allant taper à toutes les portes et murmurer à toutes les oreilles qui voudront bien l’entendre : « JE SUIS LA ».
Lettre #2

