#6 Certifiée Doula de fin de vie, et toujours en apprentissage !

Cher journal,

Aujourd’hui j’ai envie de te partager une discussion que l’on a eue ma nièce (quasi fraîchement diplômée en ortho, une histoire de jours et c’est la classe 😎) et moi sur la nécessité d’apprendre à se positionner.

En me lançant dans l’aventure je n’avais aucune idée de la manière avec laquelle j’avais envie de travailler. Vers quel public je souhaitais m’orienter ? Comment accompagner, avec quels moyens ? A distance ou en présence ?

Je m’étais fait une image de mon métier très théorique. Finalement, c’est surtout grâce à mon premier accompagnement que je sais mieux ce que je veux proposer.

Pendant notre formation on comprend assez vite que l’on ne va pas chercher à s’empêcher d’entrer dans l’affect avec les personnes accompagnées, qu’il s’agisse des aidants ou des personnes en fin de vie. Autrement, c’est le sens même du rôle de Doula qui devient questionnant. Mais alors, comment faire pour :

  • être suffisamment impliquée afin de rester dans notre humanité, (j’ai bien l’intention que personne ne se sente comme étant « un numéro » avec moi) (un jour il faudra que je te raconte comment ça m’est arrivée quand j’étais de l’autre côté)
  • rester une ressource sécurisante pour porter, encadrer, rassurer quand cela est nécessaire. (et donc, sans s’écrouler, c’est mieux)

Notre formatrice nous avait dit qu’elle n’accompagnait qu’une personne en fin de vie à la fois. Et à côté de cela, j’ai écouté un épisode de podcast avec une Thanadoula qui disait en avoir déjà accompagné 15 en même temps. (Comme tu peux l’imaginer cher journal, ce n’est forcément pas le même métier qui est proposé.)

Moi, je veux quoi ?

Si j’avais l’opportunité de travailler au sein d’une unité palliative mes horaires seraient forcément cadrés. Auquel cas je pourrais envisager d’accompagner plusieurs personnes à la fois, puis fermer la porte et repartir chez moi sans les « emporter » (heyyyy mais dans « emporter » .il y a « porte » !!! serait-ce lié ? Je m’égare)

Tant que je souhaite accompagner individuellement, je ne suis pas sûre de tenter l’aventure avec des situations dont l’avancement est similaire en même temps. Déjà, car je crois que le besoin peut être très varié et j’apprécie de pouvoir me rendre disponible en fonction de l’urgence. Ensuite, car proposer uniquement un rdv de suivi régulier est inadapté quand le présent n’est fait que d’inconnu.

Grâce à ce premier suivi qui a commencé depuis bientôt 6 mois, j’ai découvert de nouvelles possibilités d’accompagnement :

  • Je n’avais pas prévu cette ligne téléphonique, parfois quotidienne, et pour autant c’est sans doute le moyen qui a été le plus pertinent pour A. (jeune maman aidante et donc tributaire du rythme avec un enfant). Je ne réponds pas toujours immédiatement, selon l’urgence, mais elle peut déposer dès qu’elle le peut / le veut.
  • Je n’avais pas réalisé que rédiger un mail pour un tiers qui récapitule la temporalité et les difficultés de prise en charge serait l’aide appropriée quand la charge est tellement pleine que se poser pour le faire en demande déjà trop.
  • En premier lieu, je n’avais pas pensé pouvoir aider l’aidante si la personne en fin de vie ne le souhaitait pas pour elle-même. (Et là on voit à quel point j’étais à côté de mes pompes)
  • Je ne savais pas que j’allais aussi accompagner sur la pose de limites auprès des tiers quand l’aidante est proche de la surchauffe. (c’est peu de le dire)

Bref, le premier accompagnement m’a permis de constater à quel point l’enjeu ne résidait pas dans des services précis mais plutôt dans l’agilité avec laquelle les adapter. Même s’il est vrai que la finalité reste la même :

plus de paix pour ceux qui s’en vont, et ceux qui restent.

Adapter est, je crois, le maître mot pour moi. En revanche la vigilance est de le faire sans me perdre dedans.

Sans doute que mes accompagnements ne se ressembleront pas. Mais pour autant, j’apprends, j’ajuste, et j’espère rester suffisamment à l’écoute pour entendre ce dont la personne a besoin avant d’imposer ma voix.

Alors petit journal, j’ai hâte de voir comment je m’en sors ! Pour le moment on va faire 1 fin de vie à la fois, soyons raisonnables, et essayons déjà de le faire bien.

PS : j’ai une super nouvelle à t’annoncer mais ce sera pour la lettre 8 (la 7 est déjà rédigée et j’ai comme envie de garder un peu de suspens..! Sache que c’est trop trop chouette !

Lettre #6

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